L’éducation, une priorité

Par Gérard Touaty
samedi 23 décembre 2023
par  Paul Jeanzé
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Par un concours de circonstances extraordinaires, Yosseph est devenu vice roi d’Égypte. Ses frères qui autrefois l’avaient vendu, viennent dans ce pays chercher du blé. C’est Yosseph personnellement qui les reçoit et qui va par un subterfuge garder en otage l’un d’entre eux [1] Notre paracha débute par les paroles de Yéhouda qui va tout faire pour obtenir de Yosseph la libération de l’otage. D’autant plus qu’il s’était porté garant devant Yaakov, leur père, pour ramener ce frère.

Quelle priorité

L’attitude de Yehouda prêt, disent nos Maîtres, à donner sa vie pour que l’enfant soit libéré est un enseignement précieux pour un père et une mère. En donnant un enfant à un homme et à une femme juifs, Hachem ne crée pas seulement la vie. Il leur confie une responsabilité, celle de faire en sorte que cet enfant ne quitte pas le judaïsme pour lequel des générations seront sacrifiées.

Mais le point décisif de l’attitude de Yehouda, c’est sa volonté d’être prêt à donner sa vie. Pour nous, parents juifs, cette détermination doit se traduire dans les orientations générales de la famille. Donner sa vie aujourd’hui pour un enfant signifie faire passer l’avenir de son judaïsme avant un quelconque intérêt personnel des parents.

Comment cela doit-il prendre forme dans la réalité ? La suite de notre paracha nous donne la réponse. Lorsque Yosseph révéla son identité à ses frères, il leur demanda de faire venir Yaakov en Égypte. Quand le patriarche s’y rendit, il prit soin, nous dit un verset, d’envoyer Yehouda avant lui pour préparer une maison d’études (dela Torah). Il est remarquable de voir sur quels fondements, Yaakov allait préparer son installation sur une terre nouvelle : ni contacts politiques et ni investissements financiers.

Pour Yaacov, et donc en fait pour chaque juif, le souci de préserver l’étude de la Torah à travers le temps et l’espace est la seule préoccupation digne d’intérêt. Ce qui ne veut pas dire que pour un Juif respectueux de la pratique des mtzvoth, les considérations relatives au gagne pain n’ont pas d’intérêt. Gagner sa vie pour faire vivre décemment sa famille est une ambition bien plus que respectable. Mais si aux yeux des enfants ces considérations sont bien plus valorisées (par les parents) que les détails de la pratique du judaïsme le risque est grand de voir tôt ou tard chez eux une perte de confiance en Hachem devant les difficultés de la vie matérielle.

Préserver la Torah

Mais le geste de Yaakov nous livre un autre enseignement. L’Égypte était le pays le plus éloigné d’une spiritualité authentique. Yaakov avait tout à craindre de cette nouvelle installation. Et pourtant cela ne l’a pas empêché d’être déterminé dans le choix de fonder une maison d’études avant n’importe quoi d’autre.

Ainsi doit-il en être pour nous. Rien du monde qui l’entoure ne doit effrayer un Juif : son seul souci doit être de préserver la Torah pour qu’à leur tour les enfants en fassent de même.


[1Pour voir jusqu’où leur dévouement, pour sauver l’un d’entre eux, peut aller.


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