La Loire
mardi 16 janvier 2024
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Je ne l’ai jamais vu que de loinDerrière les vitres d’une voitureOn disait que ses bancs de sableAvaient englouti des enfants imprudentsQue ses crues emportaient les murs des maisonsPendant les grandes sécheressesSes terribles craquements auraient rendu sourdsLes animaux dans les champsPourtant je n’ai jamais fait très attentionÀ tous ces propos malfaisantsSur la carte de FranceJ’ai suivi sa naissanceDu Mont Gerbier-de-JoncJusqu’aux remous de son adolescenceÉtait-elle encore pucelle en quittant Orléans ?Mais c’est l’heure d’un dernier ToursLa vieille dame s’approche de son estuaireDu côté de Saint-NazaireQuand je serai grandJ’irai parcourir ses méandresEt frôler ses berges en riantJ’espère qu’il sera encor tempsCar j’entends dire que le sable s’étendQue l’eau peine à couler vers la merPourtant j’aimerais ne pas croireTous ces propos inquiétantsEn parcourant aujourd’hui la carte de FranceJe ne reconnais plus celle qui a bercé mon enfanceLe bleu et le vert ne sont plus omniprésentsBientôt ils seront aux abonnés absentsLe désert avanceInexorablement