J’ai reçu Hachem en héritage

dimanche 14 janvier 2024
par  Paul Jeanzé
popularité : 9%

Moïse et Aaron se présentent à plusieurs reprises devant Pharaon au nom de Hachem et exigent : « Laisse partir Mon peuple, afin qu’il puisse Me servir dans le désert », mais Pharaon refuse à chaque fois. Le bâton d’Aaron se transforme en serpent et avale les bâtons magiques des sorciers égyptiens. Hachem envoie ensuite une série de plaies sur les Égyptiens.

Les eaux du Nil se changent en sang, des grenouilles envahissent le pays par millions, une vermine infeste hommes et bêtes. Des hordes d’animaux sauvages envahissent les villes, une maladie mortelle s’abat sur les animaux domestiques, de douloureux furoncles affligent les Égyptiens. Lors de la septième plaie, le feu et la glace se combinent dans des grêlons dévastateurs qui pleuvent du ciel. Toutefois, « le cœur de Pharaon s’endurcit et il ne voulut point laisser partir les enfants d’Israël »

Mais au tout début de la paracha, Hachem annonce à Moïse une libération en quatre temps. Ce sont les quatre temps de la délivrance :

1er temps : Je veux vous soustraire aux tribulations1 de l’Égypte
2ème temps : vous délivrer de sa servitude
3ème temps : Je vous affranchirai avec un bras étendu.
4ème temps : Je vous adopterai pour peuple, je deviendrai votre Roi

Vaéra (ch 6, v 6-7)

Et tout de suite après, Hachem ajoute : « Vous reconnaîtrez que moi, l’Éternel, je suis votre Roi. »

Cette parole est la première des dix paroles qui seront révélées aux Hébreux au Mont Sinaï lors du don de la Torah. Il est à noter que lors de cette révélation, les Hébreux entendront « de la bouche de Hachem lui-même » cette première parole ainsi que la deuxième, qui donne les précisions suivantes : « Tu n’auras point d’autre Roi que moi. »

Aujourd’hui, pour tout Juif qui souhaiterait (mais n’est-ce pas là le devoir de tout Juif ?) se consacrer à la Torah, il est fondamental d’accepter comme point de départ l’existence d’Hachem. Et si à l’époque de Pharaon, cette étape n’est mentionnée qu’après quatre étapes préalables, c’est que les Hébreux avaient besoin de ces étapes avant d’être capable d’entendre la véritable mission qu’allait leur confier Hachem.

« Quel profit tire l’homme de tout le mal qu’il se donne sous le soleil ? »
Kohelet, ch. 1, 3

« Sous le soleil » est à prendre dans le sens : dans le monde d’en bas ; le monde « purement » matériel : un monde où Hachem est absent. La réponse de Kohélet est sans détour : l’homme ne tire aucun profit du mal qu’il se donne (réussite professionnelle et financière ; ainsi que toutes les connaissances qu’il peut accumuler). Au contraire, vers la fin de sa vie, quand il regardera en arrière, il s’apercevra que tout ce qu’il aura fait était inutile et en sera très malheureux. Aussi, Kohélet conclut de la façon suivante :

La conclusion de tout le discours, écoutons-la : « Crains Hachem et observe ses commandements ; car c’est là tout l’homme. »

On parle souvent du peuple juif comme « peuple du Livre ». Il serait plus juste de parler de « peuple du commentaire du Livre » ; Et si le Livre est la Torah, alors le « commentaire du Livre », c’est le Talmud. De quelle façon débute le Talmud ? Le premier traité du Talmud apporte les réponses à la question suivante : « À quel moment doit-on réciter le Chéma du soir ? ». On pourrait même préciser : « Dans la mesure où vous Juifs reconnaissez l’Existence d’Hachem et que vous vous conformez à ses commandements, à quel moment doit-on réciter le Chéma du soir ? »

Soyons-donc bien conscient du fait que nous avons reçu Hachem en héritage ; car si on l’oublie, il est probable que nous retournions en Égypte...


[ Télécharger l'article au format PDF]

Navigation

Articles de la rubrique

Annonces

Des Poézies qui repartent dans le bon sens

Dimanche 16 juin 2024

Nous voici arrivés au mois de juin et je m’apprête à prendre mes quartiers d’été dans un lieu calme où j’espère ne pas retrouver une forme olympique. Sans doute ne serai-je pas le seul à me retrouver à contresens ; si vous deviez vous sentir dans un état d’esprit similaire, je vous invite à lire les poézies de ce début d’année 2024.

Bien à vous,
Paul Jeanzé