Chapitre 18 (La voie des Justes)

samedi 6 juin 2026
par  Paul Jeanzé

Le trait de la piété requiert véritablement une grande explication. Car il existe de nombreuses pratiques et voies qui sont assimilées par beaucoup de gens comme étant de la piété, mais qui ne sont rien d’autre que des coquilles de piété, dépourvues de forme, de structure et de correction.

Cela découle d’un manque d’étude et de réflexion véritablement approfondies de la part de ces pratiquants [des coquilles de piété]. Car ils ne se sont pas donné la peine de s’efforcer d’atteindre une connaissance claire et correcte de la voie de l’Éternel. Au lieu de cela, ils ont adopté toutes les pratiques qui leur semblaient pieuses à première vue, sans approfondir les questions ni les peser sur la balance de la sagesse.

Ces personnes ont donné à la piété une odeur répugnante aux yeux de la plupart des gens, y compris les plus intelligents d’entre eux, les amenant à penser que la piété consiste en des choses insensées et qu’elle est contraire à l’intelligence et à la connaissance saine. Les masses en sont venues à croire que la piété ne consiste en rien d’autre qu’en la récitation de nombreuses supplications et de longues confessions, de grands gémissements et des prosternations, d’étranges afflictions par lesquelles un homme se tue lui-même, telles que l’immersion dans l’eau glacée et la neige, et autres choses du genre.

Ils ne se rendent pas compte que même si une partie de ces choses peut être nécessaire pour les pécheurs engagés dans la repentance et pour certains de ceux qui pratiquent la Séparation (Perushim), la piété ne repose pas du tout sur ces éléments. Seuls les aspects positifs de ces pratiques sont aptes à accompagner la piété.

Mais la piété elle-même exige une grande profondeur pour être comprise correctement. Elle repose sur les fondements d’une grande sagesse et d’une rectification extrême de ses actes, ce qu’il convient à tout homme sage de rechercher. Car seuls les sages peuvent véritablement l’atteindre, comme l’ont déclaré nos Maîtres : « Un homme sans instruction ne peut être pieux » (Avot 2:5).

Nous allons maintenant expliquer cette question dans l’ordre qui convient.

La racine de la piété est ce que nos sages, de mémoire bénie, ont déclaré : « Heureux l’homme dont le labeur est dans la Torah et qui procure de la satisfaction à son Créateur » (Berakhot 17a).

L’explication de cette question est la suivante. On sait quelles mitzvot s’imposent à chaque Juif et jusqu’où s’étend leur obligation.

Mais celui qui aime véritablement le Créateur, béni soit-Il, ne se contentera pas de s’acquitter des obligations connues qui incombent à tout Juif. Au contraire, ce qui lui arrivera sera semblable à ce qui arrive à un fils qui aime son père. Même si son père ne laisse entrevoir qu’un léger indice de ce qu’il désire, le fils s’efforcera déjà de tout son pouvoir d’accomplir cette chose ou ce service. Même si le père ne l’a mentionné qu’une seule fois et de manière incomplète, cela suffira à un tel fils pour comprendre la direction de l’intention de son père et pour faire pour lui même ce qu’il n’a pas dit explicitement. Car il peut déduire par lui-même que cette chose fera plaisir à son père, et il n’attendra pas que son père lui donne un ordre plus explicite ou le lui répète une autre fois.

De nos propres yeux, nous pouvons observer ce phénomène se produire à tout moment et en tout lieu entre amis, entre mari et femme, entre père et fils.

Le principe général est le suivant : partout où l’amour entre deux personnes est vrai et fort, l’un ne dira pas à l’autre : « On ne m’a rien demandé de plus. Il me suffit de faire ce qu’on m’a dit explicitement ». Au contraire, à partir de ce qui a été demandé, l’autre déduira l’intention de celui qui a demandé et s’efforcera de faire ce qu’il estime être agréable à l’autre.

Il en ira de même pour celui qui aime son Créateur d’un amour fidèle. Car l’Éternel fait également partie de ceux qui sont aimés. Ainsi, les mitsvot qui sont claires et familières ne seront pour cet homme qu’une révélation d’intention, pour lui indiquer que la volonté et le désir de l’Éternel s’orientent vers ce principe. Alors, il ne se dira pas : « Ce qui a été dit explicitement me suffit », ou « Je m’acquitterai de mon devoir en faisant ce qui m’incombe néanmoins ». Au contraire, il dira : « Puisque j’ai découvert et vu que le désir de l’Éternel s’incline vers cela, cela sera pour moi un guide pour approfondir cette question et l’étendre dans toutes les directions que je peux déduire de Sa volonté. Une telle personne est appelée : « celui qui procure de la satisfaction à son Créateur ».

Par conséquent, l’essence même de la piété consiste à étendre l’accomplissement de toutes les mitzvot dans tous les domaines et toutes les conditions qui sont appropriés et possibles.

On voit que la piété est liée à la séparation. Seulement, la séparation se trouve dans les commandements négatifs, tandis que la piété se trouve dans les commandements positifs. Mais les deux relèvent de la même matière, à savoir ajouter à ce qui a été explicitement énoncé dans les mitzvot ce que nous pouvons considérer comme agréable devant l’Éternel, béni soit-Il. Telle est la définition de la véritable piété.

Nous allons maintenant en expliquer les principales divisions.


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Une journée ordinaire

Aujourd’hui est une journée ordinaire... enfin je crois. Je profite donc de cette journée ordinaire pour mettre en ligne mon dernier roman, intitulé sobrement... une journée ordinaire.

Dans la mesure où j’aurai eu besoin d’un peu plus de quatre années pour voir ce petit livre achevé, ne devrais-je pas considérer cette journée comme extraordinaire ? Peut-être... peut-être pas. D’une certaine façon, n’est-il pas extraordinaire de pouvoir profiter d’une journée ordinaire ?

Cher lecteur, je vous souhaite une bonne journée... ordinaire.
Paul Jeanzé, le 19 décembre 2025


Brèves

8 janvier - Les dix-neuf lettres (Samson Raphaël Hirsch)

Mise en ligne d’une version en français de l’ouvrage Les dix-neufs lettres, de Samson Raphaël (…)

30 septembre 2025 - La méditation juive

Mise en ligne d’une version en français de La méditation juive (1982), livre de Aryeh Kaplan.