Chapitre 17 (La voie des Justes)

samedi 6 juin 2026
par  Paul Jeanzé

La voie pour acquérir cette qualité est facile pour celui qui s’est déjà efforcé d’acquérir toutes les qualités susmentionnées. Car lorsque l’on réfléchit et que l’on médite sur la bassesse des plaisirs de ce monde et de ses biens, comme je l’ai écrit plus haut, on en vient à les mépriser, et on ne les considère plus que comme des maux et des manques de la nature physique sombre et grossière. Lorsque la vérité s’ancrera en l’homme, lui faisant comprendre qu’il s’agit là de véritables manques et de maux, il lui sera certainement plus facile de s’en séparer et de les chasser de son cœur.

Par conséquent, plus il s’enfonce profondément et avec diligence dans ses pensées pour reconnaître la bassesse du physique et de ses plaisirs, plus il lui sera facile de purifier ses pensées et son cœur afin de ne se tourner en aucune manière vers la mauvaise inclination. Au contraire, ses actes physiques seront comme ceux d’une personne contrainte et rien d’autre.

Cependant, tout comme nous avons divisé la pureté de la pensée en deux parties, à savoir les actions corporelles et les actions de service divin, de même la contemplation approfondie nécessaire pour acquérir la pureté en elles se divise en deux parties.

Pour purifier les pensées dans les actions corporelles, il faut observer avec diligence la bassesse de ce monde et de ses plaisirs, comme je l’ai écrit. Tandis que pour purifier les actions de service divin, il faut beaucoup méditer sur la tromperie de l’honneur et son mensonge, et s’habituer à le fuir.

Alors, on sera purifié de la recherche des louanges et des éloges des autres lorsqu’on sert l’Éternel. Sa pensée se tournera uniquement vers notre Maître (l’Éternel), qui est notre louange, et qui est tout notre bien et notre perfection, et à côté duquel il n’y a rien d’autre, comme il est écrit : « Il est ta louange et Il est ton Roi » (Devarim 10:21).

L’un des moyens qui conduisent une personne à acquérir cette qualité est de se préparer au service divin et aux mitsvot, c’est-à-dire de ne pas se lancer soudainement dans l’accomplissement d’une mitsva. Car alors, son esprit n’est pas encore serein et apte à réfléchir à ce qu’il fait. Il faut plutôt se préparer à la tâche et lentement disposer son cœur à la réflexion.

Qu’il contemple alors ce qu’il va faire et devant Qui il va le faire. Car lorsqu’il entre dans cette contemplation, il lui sera facile de rejeter les motivations extérieures et d’implanter dans son cœur la motivation véritable et désirable.

Notez que les pieux hommes d’autrefois attendaient une heure avant la prière, afin de diriger leur cœur vers l’Éternel (Berakhot 30b). Il ne fait aucun doute qu’ils ne gaspillaient pas une heure de leur temps. Au contraire, ils orientaient et préparaient leur cœur pour la prière qu’ils devaient accomplir, chassant les pensées étrangères et se remplissant de la crainte et de l’amour de l’Éternel qui s’imposent. À cette occasion, il est écrit : « Si tu as préparé ton cœur, alors étends tes mains vers Lui » (Iyov 11:13).

Les inconvénients de ce trait de caractère sont le manque de réflexion sur les sujets susmentionnés, à savoir l’ignorance de la futilité des plaisirs mondains, la recherche de l’honneur et une préparation insuffisante avant le service de l’Éternel.

Les deux premiers séduisent l’esprit et l’attirent vers des arrière-pensées, comme une femme adultère qui, alors qu’elle est encore mariée à son époux, s’accouple avec d’autres hommes. Les arrière-pensées sont appelées « la débauche du cœur », comme il est écrit : « et vous ne vous égarerez pas après vos cœurs et après vos yeux que vous suivez avec débauche (Zonim) » (Bamidbar 15:39). Car le cœur s’écarte de toute l’aspiration à laquelle il aurait dû s’attacher, et se tourne au contraire vers le mensonge sans valeur et imaginaire.

Une préparation insuffisante au service divin fait que la folie naturelle qui vient du côté de la physicalité ne se détache pas de l’intérieur de soi. Ainsi, il corrompt le service divin de sa puanteur.

Nous allons maintenant expliquer le trait de la piété.


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Une journée ordinaire

Aujourd’hui est une journée ordinaire... enfin je crois. Je profite donc de cette journée ordinaire pour mettre en ligne mon dernier roman, intitulé sobrement... une journée ordinaire.

Dans la mesure où j’aurai eu besoin d’un peu plus de quatre années pour voir ce petit livre achevé, ne devrais-je pas considérer cette journée comme extraordinaire ? Peut-être... peut-être pas. D’une certaine façon, n’est-il pas extraordinaire de pouvoir profiter d’une journée ordinaire ?

Cher lecteur, je vous souhaite une bonne journée... ordinaire.
Paul Jeanzé, le 19 décembre 2025


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8 janvier - Les dix-neuf lettres (Samson Raphaël Hirsch)

Mise en ligne d’une version en français de l’ouvrage Les dix-neufs lettres, de Samson Raphaël (…)

30 septembre 2025 - La méditation juive

Mise en ligne d’une version en français de La méditation juive (1982), livre de Aryeh Kaplan.