Une petite place
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Longtemps j’ai batailléPour être le premierMais à la courseComme à la bourseIl y en avait toujours un à mes troussesPour au dernier moment me dépasserOutragé par toutes ces défaitesJe décidais de relever la têtePar dépit aussi bien que par défiJe ne sais ce qu’il me pritÉtais-je de méchante humeur ?Je mis un point d’honneurÀ vouloir être le dernierIls l’avaient tous bien méritéMais au plus bas étageLa guerre aussi fait rageEncore plus que dans les hauteursInnombrables sont les compétiteursQui dans tous les sens bougentEt se battent pour la lanterne rougeAlors en désespoir de causePar une grise matinée moroseJ’ai rejoins le gros du pelotonNous étions des millionsÀ nous bousculer pour rejoindre le juste milieuIci comme ailleurs impossible d’être heureuxLa place du juste comme celle du milieuRend tous ses voisins envieuxAprès tout ce temps à chercher ma placeLa lassitude et la fatigue avaient laissé des tracesJe me suis alors assis sur une chaise en terrasseCes années d’erranceMa soif de reconnaissanceM’avait asséché le gosierJe commandais un petit godetPour le vider d’un traitAu milieu de la tranquille assistanceEncouragé par la sereine ambianceJe souris à mes voisins qui me firent une petite placeEt à leurs côtés je trinquais enfin au verre de l’amitié
