Citations

mardi 6 avril 2021
par  Paul Jeanzé
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C’est un mal, par exemple, que, grâce à la photographie et au reportage, les écrivains soient aujourd’hui mieux connus du public que de leurs œuvres. On sait s’ils sont chauves et s’il font des dettes, avant de savoir ce qu’ils ont écrit. Et, si l’on a quelque curiosité de leur pensée, c’est dans leurs conversations plutôt que dans leurs ouvrages qu’on est enclin à la satisfaire.
Anatole France - La vie littéraire - 12 février 1888 (l’incident Daudet-Tourguénef)

L’amour promet beaucoup c’est un bon député
Pierre Perret - L’oiseau dans l’allée - 1977

Comme terreur, les théologiens de jadis avaient les peines éternelles. En cela, deux avantages : elles ne coûtaient rien, et ils en disposaient seuls. Nous, nous n’avons que la mort. Elle coûte cher ; et nous sommes loin d’en disposer seuls.
Jules Romain - Les hommes de bonne volonté - Montée des périls - 1935

Beaucoup de gens prétendent qu’ils veulent sauver la paix, ou qu’ils n’ont rien contre elle. Mais ils n’ont rien non plus pour elle… Ils ne l’aiment pas. Ils ont toujours une passion plus forte que la paix.
Jules Romain - Les hommes de bonne volonté - Montée des périls - 1935

[…]il y a eu à chaque époque un gaspillage effroyable des ressources, parce que les princes des hommes avaient besoin, non de jouir de la sécurité commune, mais de tromper leur ennui, ou de désaltérer leur orgueil, ou d’écraser leurs rivaux.
Jules Romain - Les hommes de bonne volonté - Montée des périls - 1935

La grandeur d’un métier est peut-être, avant tout, d’unir des hommes : il n’est qu’un luxe véritable, et c’est celui des relations humaines.
En travaillant pour les seuls biens matériels, nous bâtissons nous-mêmes notre prison. Nous nous enfermons solitaires, avec notre monnaie de cendre qui procure rien qui vaille de vivre.

Antoine de Saint-Exupéry - Terre des hommes (1939)

Les cœurs s’ouvrent très facilement à la classe ouvrière ; les porte-monnaie, plus difficilement.
Emmanuel Lévinas - Judaïsme et révolution (1969)

Aux temps naïfs où le tyran rasait des villes pour sa plus grande gloire, où l’esclave enchaîné au char du vainqueur défilait dans les villes en fête, où l’ennemi était jeté aux bêtes devant le peuple assemblé, devant des crimes si candides, la conscience pouvait être ferme, et le jugement clair. Mais les camps d’esclaves sous la bannière de la liberté, les massacres justifiés par l’amour de l’homme ou le goût de la surhumanité, désemparent, en un sens, le jugement. Le jour où le crime se pare des dépouilles de l’innocence, par un curieux renversement qui est propre à notre temps, c’est l’innocence qui est sommée de fournir ses justifications.
Albert Camus - L’homme révolté (1951)


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En date du 29 mai 2023

Mise à jour du site : passage de Spip 4.1.9 à 4.2.2 et de Sarka-spip 4.0.1 à 4.1.0 (Merci à Éric). Le plus modeste des littérateurs doit pouvoir manier les octets sans trop se tromper ; même si cela reste très primaire... voire binaire...