2021 - Sept ans de malheur ?

mercredi 6 avril 2022
par  Paul Jeanzé
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Retour en arrière
Si l’écrivain peut, pour sa tranquillité d’esprit, se cacher derrière ses livres, il n’en reste pas moins un être humain, avec ses doutes, ses failles, ses faiblesses. Il a également ses moments de joie, de tristesse, ses moments de calme comme ses moments de colère…
Commencées il y a sept ans maintenant, ses notes étaient avant tout un moyen de ne pas laisser s’échapper la moindre de mes pensées. Avec les années, elles se sont espacées en même temps que s’intensifiait mon travail sur mes autres écrits.
Il faut, me semble-t-il, éviter de prendre ces notes au pied de la lettre, mais plutôt les voir comme les réflexions que peut se poser n’importe quel habitant de cette planète, dans un contexte géographique, historique, politique et social, qui parfois le malmène. De plus, il ne faut pas oublier la destinée propre à l’auteur qui, avec le temps, se doit de prendre le pas sur « la folle histoire du Monde ».

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Paul Jeanzé, que peut-on vous souhaiter pour cette nouvelle année ?

Que je trouve la paix intérieure et… que la violence extérieure ne m’atteigne pas. Je sais, j’en demande beaucoup !

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Tu parles trop
Plus le temps passe et plus je m’aperçois que la conversation la plus enrichissante qui soit consiste en un profond dialogue intérieur.

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Terre à terre
Devenir mystique, c’est se rapprocher au plus près de l’essence de l’homme.

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Réflexion désordonnée
Ordre et contrordre mènent souvent au désordre

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État des lieux (sans état d’âme ?)
J’ai terminé, peu avant le début de l’automne 2020, un roman qui a pour cadre le cyclisme et que j’ai intitulé « La tête dans le guidon ». J’ai alors commencé par l’envoyer à des Maisons d’édition qui acceptaient les manuscrits par messagerie. Depuis la mi-octobre, j’ai contacté 35 éditeurs et reçu 5 retours (négatifs). Au moment où j’allais débuter les envois papier, la deuxième vague de confinement est arrivée… Je n’ai eu le temps que d’envoyer deux versions papier. Je m’interroge d’ailleurs sur les conséquences du confinement sur les éditeurs…

Peut-être en début d’année vais-je reprendre ces envois. Mais cela demande du temps, de l’argent… Vivement que la majorité des éditeurs passent au numérique. J’avoue ne pas bien comprendre cette réticence, surtout chez les « grands » éditeurs.
Dans le même temps, je me suis de nouveau fait pirater mon site internet. J’avoue avoir connu un bon mois de découragement. Et puis je me suis remis au travail et refais un site entièrement à neuf. Cet été, au cours d’une nuit où je ne trouvais pas le sommeil, je me suis trouvé un nom d’auteur. J’ai profité de la remise en route de mon site pour le « mettre en avant ».
Histoire d’aller à la rencontre des lecteurs, je me suis décidé, au début du mois de décembre, à proposer sous forme de feuilleton, mon nouveau roman sur un site dédié au cyclisme. À voir où me mènera cette expérience. Elle m’oblige en tout cas à relire attentivement mon texte.
Je suis actuellement dans une période où je m’interroge sur le chemin à emprunter : édition ? auto-édition ? L’auto-édition est-elle la voie qui finalement me conviendrait ou s’agit-il d’une solution d’attente ?
Ce qui me laisse perplexe également, c’est d’avoir l’impression de proposer une forme de littérature complètement laissée à l’abandon : pas de sexe, pas de violence, pas de science‑fiction, pas de policier et encore moins de fantasy… Juste une simple histoire d’un homme pas bien compliqué en quelque sorte, romancée certes, mais avec un héros qui n’a rien d’héroïque au sens grandiloquent du terme ; un héros du commun des mortels en quelque sorte. J’aurais bien écrit un « héros populaire » voire un « héros issu du peuple » mais on va hélas encore venir me taxer de révolutionnaire…

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Virus à la c…
Cette histoire de virus qui nous emmerde depuis bientôt un an ?
Rien d’autre qu’une hallucination collective entretenue par une petite bande d’égoïstes qui ont la trouille de mourir. Oui je sais, je suis parfois d’humeur exécrable… Ah ! il y a autre chose également : la peur, c’est contagieux…

*

Vie active, vie tout court
Parfois je me demande pourquoi je tente vainement de trouver un éditeur et de partager mes écrits. Ne ferais-je pas mieux de prendre mon sac et mes clubs pour aller jouer au golf ? Mais cinquante ans, n’est-ce pas un peu tôt pour prendre sa retraite ?

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Quatre petits vers
Ce matin en toute innocence
J’ai retrouvé de l’insolence
Un peu d’impertinence
Parmi toute cette violence

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Défi
Se battre pour une littérature vraie et sincère, mais sans violence, ni verbale ni écrite… juste un coup de fusil de temps à autre… et un peu d’humour aussi…

*

Vrai ou faux ?
La « vraie vie » n’existe pas, pas plus que la « fausse vie ». En revanche, il y a une vie vraie…

*

Nous et les autres
Plus l’être humain est en colère contre lui-même, et plus il est violent envers son prochain. Et inversement. Si l’on veut bien voir le bon côté des choses, cela s’applique également si l’on remplace le terme « colère » par le mot « paix ».

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J’aime
Un réseau social au sein duquel vous n’avez pas d’amis, c’est la tranquillité assurée !

*

De sa place dans la création (à S.)
Il me semble important, en tant que « créateur », d’avoir conscience que mes propres écrits n’auraient jamais existé sans le monde qui m’entoure au sens large (écrivains du temps passé et présent, mon voisin d’en face, le petit bois derrière chez moi, etc.). D’ailleurs, n’y a-t-il pas qu’un seul Créateur, l’être humain n’étant que Sa créature ? De mon côté, cela me permet, je crois, d’essayer de rester humble face à mes propres écrits, surtout lorsque je me retrouve au sein de votre site (c’est pour moi une nouveauté) entre Victor Hugo et Jim Morrison ! Au-delà de la boutade, si je ne crois pas ressentir le moindre orgueil face à une telle situation, je ressens profondément me sentir… à ma place. Je vous en remercie.

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Immobilisme
Ce matin, un collègue est venu me voir en me glissant au cours de la conversation : « Toi, tu es doué en informatique ! ». J’aurais pu, par orgueil, accepter fièrement le compliment. Il n’en fut rien. J’ai regardé mon collègue quelque peu interloqué et je lui ai répondu : « Cela fait maintenant douze ans que je ne travaille plus au service informatique. » Souvent le monde évolue, et nous avec. Pourtant, dans le regard des autres, rien ne change.

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De la sortie d’Égypte au déconfinement, il n’y a qu’un pas
En passant de la privation de liberté à un excès de liberté, on a toutes les chances de rester en prison.

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Tout ou rien
S’il est vrai que je ne m’inquiète pas pour tout, il m’arrive souvent de m’inquiéter pour un rien.
Questions à la con (et réponses du même ordre)

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Pourquoi écrivez-vous ?
La question la plus désarmante que l’on puisse me poser puisque jamais je n’ai ressenti le besoin de me poser moi-même la question. Ainsi, je laisse souvent cette question sans réponse.

À quel âge avez-vous commencé à écrire ?

Le jour où je me suis retrouvé en quarantaine.

Quel est votre mot préféré ?
J’avoue avoir plutôt en tête des mots que je n’aime pas.

Votre auteur culte ?
Cela varie au gré de mes lectures. Actuellement, je lis « Les hommes de bonne volonté » de Jules Romain.

Le livre qui vous a le plus marqué ?
Je dirais bien : « les miens » mais je risque de passer pour un prétentieux et un égocentrique.

Quel est l’animal dont vous vous sentez le plus proche ?
Le chat

Qu’aimez-vous manger ou boire lorsque vous écrivez ?
Pas le temps de répondre à cette question, j’ai un petit creux… Je reviens dans cinq minutes !

Quelle période de l’année vous inspire le plus ?
Si l’été je transpire, souvent l’automne m’inspire…

À quelle époque auriez-vous aimé vivre ?
Je me méfie des historiens…

Quel super-pouvoir voudriez-vous posséder ?
J’ai tout ce qu’il faut en stock, merci !
Quel morceau de musique vous inspire particulièrement ?
Le silence…

Qu’appréciez-vous par-dessus tout chez vos amis ?
Qu’ils me laissent tranquille…

Quelle personne réelle admirez-vous le plus ?
Personne en particulier… et en général non plus…

Avec quel personnage de fiction ou historique aimeriez-vous vous battre ?
Je suis plutôt pacifique…

Avec quel personnage de fiction ou historique aimeriez-vous vous marier ?
Quitte à être un personnage de fiction, autant éviter les ennuis, ne croyez-vous pas ?

Que vous évoque le mot « amour » ?
Un mot qui est souvent utilisé à tort et à travers

Que vous évoque le mot « chagrin » ?
Le chantage affectif…

Quel serait le titre de votre biographie ?

J’avoue ne pas avoir réfléchi à la question.

Avec quel auteur (vivant ou mort) aimeriez-vous passer le reste de votre vie coincé sur une île déserte ?
Si nous sommes deux sur cette île, elle ne sera plus déserte…

Quelle est l’activité la plus relaxante et apaisante que vous connaissiez ?
Le golf… enfin… sauf quand je joue mal et que je suis de mauvaise humeur.

Êtes-vous un humain ? Pour information, nous acceptons volontiers toutes les espèces terriennes ou extra-terriennes.
Question bien étrange, même s’il m’arrive hélas de croiser des individus chez qui il ne reste plus une once d’humanité.

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Paradoxal ?
Depuis que je tente de faire connaître mes écrits, je n’ai plus le temps d’écrire.

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État des lieux (26 juin 2021)
Je ne suis ni un lecteur ni un écrivain, même si j’aime lire depuis ma plus tendre enfance et que j’ai découvert l’écriture lors de ma mise en quarantaine. J’avoue avoir une relation conflictuelle avec la littérature contemporaine ; tout du moins celle qui inonde les rayons des librairies. Je me demande si ce n’est pas cette raison qui m’a poussé à écrire. Comme si j’avais commencé à écrire le jour où je ne trouvais plus rien à lire. J’ai tout d’abord cru que mon combat était perdu d’avance :

Il arrive parfois qu’une histoire commence dans un train. Comme ça. Sans crier gare.
Une simple histoire de la vie de tous les jours.
Une histoire tellement simple que vous ne la lirez sans doute jamais dans un livre.
Et c’est peut-être un peu dommage.

Et puis le désespoir et la colère ont peu à peu laissé la place à l’espérance et à, je l’espère en tout cas, une saine révolte. C’est dans cet état d’esprit que je souhaite poursuivre mon cheminement littéraire.

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Sens unique
Dans la mesure où tout le monde cherche à se faire entendre, j’ai bien du mal à trouver des gens prêts à m’écouter.

*

De la connaissance à la reconnaissance
Je ne ressens absolument pas le besoin d’être connu. En revanche, j’aimerais bien que mes écrits sortent un peu de l’ombre. Cela serait ainsi une forme de reconnaissance finalement.

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Redite
Il me semble avoir déjà écrit quelque part que j’écrivais afin de communiquer avec le monde qui m’entourait. Je l’écris à nouveau ; c’est important.

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M’entendez-vous ?
Il est sans doute logique d’être inaudible lorsque l’on est écrivain. Mais quand même…

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Drôle de procès
Il est impossible de sortir vainqueur des griffes de l’Administration. D’ailleurs, même les héros des livres n’y parviennent pas.
J’irai au bout de mes rêves (même si je n’en vois pas le bout)
Le plus difficile, le jour où l’on comprend que l’on ne pourra pas réaliser tous ses rêves, est de continuer de rêver.

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Et vous en êtes où en ce moment ?
Je trouve frustrant (et parfois douloureux, les jours où le moral est un peu en berne) de ne pouvoir, par le biais de la diffusion (quel que soit le moyen), donner tout ce que j’ai à donner. J’écris depuis 2009 et cherche à diffuser mes écrits depuis 2013 (par le biais des éditeurs, de mon site internet, et j’en passe). J’avoue ne pas avoir encore senti le moment où je me suis entendu dire : « enfin, ça y est, ça commence ». Non, pour l’instant, je ne me voile pas la face, mes écrits prennent la poussière dans le coin d’un grenier. Bien entendu, ils sont disponibles sur Amazon et je viens d’en commander quelques exemplaires pour les offrir à une voisine, un ami, une collègue. Mais je sais que tout cela n’est qu’une solution d’attente. Son mérite ? Que je ne perde pas espoir. Je suis convaincu que sans sérieuse maison d’édition avec d’importants moyens de diffusion, mon entreprise restera vaine. Je n’arrive même pas à me faire entendre par l’Association des artistes du coin, c’est dire… Je ne crois pas être orgueilleux, aussi je ne cherche pas à me « faire connaître », mais j’estime que mes écrits peuvent apporter de belles choses à ceux qui les liront, ce qui crée chez moi une frustration supplémentaire. Je vais donc reprendre, le plus tranquillement possible, mes envois de manuscrit auprès des maisons d’édition. « Le plus tranquillement possible » ; là est sans doute l’enjeu le plus important.

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Dans la ligne du parti
La « ligne éditoriale » ? Un des fossoyeurs de la littérature.

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El Diablo !
Je ne me fais aucune illusion, je n’ai aucune chance (sur le papier, c’est le cas de le dire) d’être édité. Seule une intervention Divine pourra éventuellement me tirer d’affaire, dans la mesure où je ne vendrai pas mon âme au Diable pour trouver mes textes sur les étals des libraires.

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Le ver (du poète) est dans le fruit

J’aimerais tant qu’un éditeur me cueille avant que je sois mort. Non. Plutôt avant que je sois mûr.

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Les passantes
Il est rare que je salue les gens de passage ; mais je leur donne toujours un sourire.

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Les éditeurs font rarement de cadeaux
À la fin d’une assez longue présentation écrite auprès d’un éditeur, le 10 novembre :
En espérant que cette présentation vous donnera l’envie de me rencontrer, ce qui, je dois bien l’avouer, pourrait être pour moi, un joli cadeau d’anniversaire. Au-delà de cette plaisanterie de circonstance, je serais sincèrement heureux de pouvoir dialoguer avec vous « en présentiel », si j’osais utiliser l’horrible expression qui a le vent en poupe dans mon univers professionnel (« le distanciel » n’ayant plus aujourd’hui les faveurs d’une hiérarchie trop contente de pouvoir de nouveau remettre la main sur son employé dont l’émancipation par le télétravail lui était certainement insupportable).

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Sans prendre de gant, au risque de me faire piquer

Homme ou femme, féminin ou masculin, un serpent reste un serpent.

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Un accent en plus et tout est publié
Lu sur le site internet d’un éditeur : « Entrez dans le brouillard de La Ville Humide pour en réchaper. » C’est dans les vieux pneus qu’on fait les meilleures rustines. Cela ne veut rien dire non plus, mais entre nous, au point où on en est…

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Et vous faites quoi dans la vie ?

Si l’on me demande souvent ce que je fais, il est extrêmement rare que l’on me demande qui je suis ; ce qui est bien dommage dans la mesure où je réponds plus facilement à la deuxième question qu’à la première. Il m’arrive parfois d’oser un « Je ne fais rien, mais je suis bien », mais devant l’attitude incrédule de mon interlocuteur, je préfère, dans la plupart des cas ne rien dire… et ne rien faire…

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Devoir d’auteur
L’homme, au cours de sa vie sur terre, est avant tout un homme de devoirs ; dans un tel contexte, quel sens donner au droit d’auteur ?

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Le chemin de l’homme (Martin Buber)
« C’est dans le milieu que je ressens comme mon milieu naturel, dans la situation qui m’est échu en partage, dans ce qui jour après jour me réclame, c’est là que réside ma tâche essentielle, là est l’accomplissement de l’existence qui s’offre à ma portée. »
Il ne serait pas impossible que mon existence trouve son accomplissement au sein même de mes écrits.


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Des Poézies qui repartent dans le bon sens

Dimanche 16 juin 2024

Nous voici arrivés au mois de juin et je m’apprête à prendre mes quartiers d’été dans un lieu calme où j’espère ne pas retrouver une forme olympique. Sans doute ne serai-je pas le seul à me retrouver à contresens ; si vous deviez vous sentir dans un état d’esprit similaire, je vous invite à lire les poézies de ce début d’année 2024.

Bien à vous,
Paul Jeanzé


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